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Piotr Savine
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MessageSujet: [libre]   Dim 20 Avr - 18:46

Aujourd'hui, les nuages avaient laissé place à un morceau de ciel bleu. Ca faisait si longtemps que ce n'était plus arrivé, que Piotr ne se souvenait même plus de la date à laquelle remontait sa dernière promenade dans le parc. Il y alla à pied, bien sûr, muni seulement d'un t-shirt léger et de sa fidèle casquette. Ce petit coin d'azur lui redonna tant de vivacité, qu'il cru n'être plus sensible à rien, même pas au froid saisonnier. Il avait sa balle de rugby sous le bras, au cas où il lui venait l'envie d'un entraînement solitaire, où si son chemin croisait celui d'une bande de gamins. Il s’assit tranquillement sur un banc, les bras croisés sur son ventre, sa balle posée à côté de lui, comme si il s'agissait de sa compagne. Soudain, son regard se posa sur ses chaussures. Ses converses étaient tellement trouées, qu'on en voyait ses chaussettes. Et ses chaussettes étaient tellement trouées, qu'il pouvait, à bien y observer, voir la plante de ses pieds. Cette constatation le fit d'abord sourire, puis rire. Mais bientôt, son visage se décomposa, lentement, et son rire se transforma peu à peu en plainte, jusqu'à s'étouffer progressivement. Il se mordit la lèvre, et détourna ses yeux de ce spectacle pathétique. Il se rendit compte que vivre seul n'était pas si facile qu'il se l'était imaginé en quittant le domicile familial. Il était tellement occupé, avec son travail, la gestion de son appartement, le réseau MUR... Qu'il ne s'était pas rendu compte que ses chaussettes étaient trouées... Il grimaça ainsi pendant quelques minutes encore, avant de s'adosser contre le dossier du banc, et de profiter de cette vague de soleil. Il songea aux actions du réseau, et de ce qu'ils pourraient changer. Il se surprit même à rêver du jour où leur réseau serait nationalement, peut-être mondialement reconnu, du jour où leur voix sera entendue, du jour où le gouvernement changera grâce à leurs actes. Du jour où la France redeviendra ce qu'elle était lorsque ses parents ont décidé d'y habiter.
Il sorti un carnet miniature de sa poche, ainsi qu’un crayon, et dessina. Il dessina la nature autour de lui, les arbres, les plantes, et les quelques papillons qui y volaient. Il regarda son dessin en s’allumant une cigarette. Il fronça ses sourcils, ce qui rendit son regard encore plus sombre. Puis, machinalement, sans vraiment y avoir réfléchis, ou peut-être un brin, il dessina une personne au centre de la page. Au milieu de ce paysage verdoyant, devenu son jardin secret, lentement apparu Charlotte. Une fois fini, il fit la moue en regardant le résultat, rangea son carnet, et pris une longue bouffée de sa cigarette.
Il s’étendis alors sur le banc, et ferma les yeux. Doué d’une imagination très développée, il songea à d’autres paysages. Il traversa les océans pour atterrir au sommet de l’Himalaya. Il se posa sur la dernière pierre du plus haut sommet, et foula de ses pieds les plus anciennes neiges éternelles. Il n’y avait pas un bruit, pas un souffle, pas un signe de vie humaine. Mais les poils de ses avant-bras se dressèrent sous l’emprise d’un frisson. Ce seul frisson le ramena à la réalité. Le ciel bleu avait disparut, et le parc semblait tout à coup beaucoup plus morne. Il savait qu’il ne verrait jamais ce sommet de ses yeux. Mais il sourit tout de même. Il allait bientôt contacter Maxime. Une nouvelle mission se préparait. Il s’agissait d’une nouvelle chance pour lui de prouver ses capacités, et une nouvelle tentative pour faire chuter le gouvernement. C’était comme jouer au mikado. Petit à petit, bâton par bâton, ils finiraient par trouver celui qui ferait tout s’écrouler.
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Maxime Ferréol
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MessageSujet: Re: [libre]   Jeu 29 Mai - 19:18

    Maxime venait de quitter son appartement. Il emprunta la première rue à droite. Il progressait d’une allure vive sur le bas-côté. Il ne s’attardait jamais dans le quartier. On se savait jamais sur qui ou quoi on pouvait tomber. Par expérience, il savait que les membres de la Tchéka, la police politique, rôdaient dans les rues et étant cherché par la police, il n’avait pas intérêt à se faire prendre. Et les gars de la Tchéka n’était pas des tendres à l’instar de la police criminelle, qui eux au moins faisaient leur boulot dans les règles. Les autres, ces salauds de la police politique n’hésitaient pas à en mettre plein la gueule des jeunes qu’ils arrêtaient. Ils y prenaient même un malin plaisir. Une fois, Maxime avait failli se faire pincer. Il avait réussi de justesse à leur échapper. Son complice n’avait pas eu cette chance. Les membres du réseau l’avaient retrouvé à l’hôpital, il avait été passé à tabac.

    Il devait trouver Piotr afin de lui donner de nouvelles informations pour leur prochaine action. Il avait passé plusieurs coups de fil à son appartement mais son ami n’avait pas répondu. Maxime avait alors décidé de traîner dans la ville. Le vagabondage n’était pas conseillé mais il ne pouvait pas non plus toujours rester dans son appartement. Et puis cela aurait été louche auprès de ses voisins s’il était resté cloîtré chez lui toute la journée, ça aurait attiré des soupçons. Et dans ce pays où les gens étaient prêts à dénoncer leur propre famille, il ne pouvait se fier à personne de son voisinage. Ses pas l’emmenèrent alors devant les grandes grilles du Jardin des Plantes. Les mains dans les poches de son manteau, il tâtonna le renfoncement et attrapa son briquet. Il le tripotait souvent, c’était une manie chez lui, ce vieux zippo avait autrefois appartenu à son grand père qui l’avait transmis à son père qui le lui avait ensuite transmis.

    Le jeune homme parcourut le parc d’un regard et vit que tout était plutôt calme. Il tira le portique et entra dans l’enceinte. Les graviers crissaient sous ses chaussures. Maxime faisait toujours tourner son briquet entre ses doigts. Il jeta quelques coups d’œil aux alentours, la voie était libre. Il marcha un moment, essayant de ne penser à rien ou au contraire se rappelant de vieux souvenirs, quand le pays n’était pas encore ce qu’il est. Ou alors ne s’en rendait-il pas encore compte. C’étaient des temps plus calmes pour lui et sa famille. Il n’avait pas besoin de se préoccuper de sa sécurité, il pouvait être insouciant et ne pas s’inquiéter. Maintenant, la peur ne le quittait plus, il avait appris à vivre avec. Son regard s’arrêta plus loin sur un banc. Il reconnut sans difficulté la silhouette du garçon qu’il cherchait. Même de dos, Maxime était sûr que c’était Piotr. Il passa sa main dans son manteau et sortit un petit livre de la poche intérieure. Il n’était pas très grand, la taille d’une main.

    C’était un livre de poche, un exemplaire très rare du recueil de Prévert, Paroles. Maxime adorait Prévert, son engagement, ses combats. Il utilisait l’ouvrage pour faire passer des messages incognitos aux membres de son réseau. C’était assez symbolique d’avoir choisi ce livre-ci pour effectuer de telles « missions ». Le jeune homme n’éprouvait aucune peine à s’en séparer. Il l’avait lu tellement de fois qu’il connaissait chaque passage par cœur. Il glissa un morceau de papier sur lequel il avait griffonné des instructions pour son ami. Tous les moyens étaient bons pour faire passer des infos, entre autres paquets de cigarettes échangées, mots glissés dans des journaux,… Chacun avait sa manière personnelle. Maxime referma son manteau. Il tenait le livre dans la main. Son regard scrutait les alentours. Il devait toujours faire plus attention car si on voyait quelqu’un avec lui, cette personne serait aussitôt considérée comme complice.

    Pour le moment, la force du réseau résidait dans le fait qu’il n’était pas connu et que ses membres n’étaient pas soupçonnés d’actes de résistance, donc pas surveillés par la police politique. Maxime ne pouvait se permettre de monter des missions de grands chantiers comme des attentats ou des sabotages, ils étaient trop peu nombreux et n’avaient pas les ressources nécessaires pour de telles actions. La mission sur laquelle le jeune homme voulait assigner Piotr n’était pas un coup porté à l’ennemi a proprement parlé. Tout devrait passer inaperçu et personne ne devait se rendre compte de ce qu’ils avaient fait. Maxime avait eu un contact avec l’un des secrétaires du cabinet ministériel de la culture qui l’avait informé d’une future destruction de livres d’une très grande valeur mais jugés trop dangereux par le gouvernement pour l’ordre et le maintien de celui-ci. Il fallait absolument qu’ils récupèrent le maximum de bouquins pour préserver des ouvrages qui instauraient jadis les prémices de la démocratie.

    Il avait déjà mis le plan sur table, il fallait maintenant qu’il s’accorde avec les autres pour distribuer les rôles de chacun. Maxime avait repéré un banc juste en face de celui où était assis Piotr et s’y dirigea d’un pas sûr et régulier. Il s’y assis. N’accordant aucune attention à l’autre jeune homme, il sortit son paquet de cigarettes de sa poche et s’en alluma une. Les deux garçons devaient faire comme s’ils ne se connaissaient pas. C’était le protocole. Mesure de sécurité. Le jeune homme ouvrit son livre et lu quelques vers qui résonnèrent dans sa tête comme un écho. Le temps de finir sa cigarette, il posa le livre sur le banc, se leva et partit dans la direction opposée à celle qu’il avait prise quand il était arrivé. Dans le livre resté sur le banc, un morceau de papier était plié sur lequel était écrit quelques phrases.


    Citation :
    « Attends 5 min avt de partir. Prend direction opposée. RDV près étang, de l’autre côté parc. Moins de risques. Brûle le mot qd tu as lu. M. »
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Piotr Savine
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MessageSujet: Re: [libre]   Jeu 5 Juin - 19:03

Lorsque Piotr vit Maxime arriver, un sourire commença à naître sur son visage. Il faillit se lever pour le saluer, quand il se souvint du protocole. Cette subite prise de conscience lui provoqua comme un coup de poing sur l'épaule. *On ne se connaît pas, pensa-t-il. On en doit pas se connaître.* Le moindre faux pas pourrais tout faire rater. Le moindre signe d'affection à découvert pourrait les trahir tout les deux. Son visage se décomposa et il se remit à jouer avec sa balle en feignant l'indifférence la plus complète.

Il regarda furtivement Maxime feuilleter son livre. Piotr aurait pu mettre sa main à couper qu'il s'agissait de Jacques Prévert. Piotr ne voyait pas la couverture, mais il devinait d'ici qu'il s'agissait de ce livre, si cher aux yeux de son ami. Il le savait, car Maxime lisait sans cesse ce bouquin. Mais il l'avait également découvert en observant son visage du coin de l'oeil. Il n'avait pas un seul pli, tous ses muscles étaient relâchés. C'était évident qu'il n'avait même pas besoin de regarder la page pour savoir ce qui y était écrit. Et puis il y avait ce tic qu'il avait, de toujours frotter son pouce contre la coin supérieur droit du livre. Il l'avait tellement fait, que la couverture en était toute abîmée. Cette analyse le fit sourire intérieurement. Il connaissait Maxime par coeur. Mais il se demandait parfois quand est-ce qu'il avait bien pu trouver le temps d'apprendre à le connaître. Car depuis leur entrée au réseau mur, les deux jeunes hommes ne se voyaient que rarement.

Maxime lui avait un peu parlé de la mission. Il savait qu'il s'agissait d'une action anonyme, sans grand risque. Mais il fallait se méfier tout de même. Il savait que Maxime était recherché par les membres de la Tcheka, et parfois, il regrettait le temps où ils pouvaient traîner dans les rues pendant des heures. Mais c'était une période révolue. Ils avaient plongé la tête la première dans une vie qui n'était alors pas la leur. Mais à l'époque, ils n'avaient pas le choix. Et aujourd'hui, malgré certains inconvénients, ils avaient adopté cette vie pleinement. Du moins, Piotr ne pensait pas un jour reprendre une autre vie, même si il était de nature mélancolique, toujours à se remémorer certains épisodes de son passé.

Il se souvenait d'un jour d'été. Il faisait si chaud, que le macadam fondait à certains endroits, et qu'ainsi, les semelles de chaussures collaient sur le sol. Il faisait si chaud, qu'il était dangereux de rester dehors en plein soleil, la tête exposée. Il faisait si chaud, que Maxime et Piotr avaient décidé de sortir et d'aller se promener au square. Ils étaient encore enfants. Ils s'amusaient comme des fous. Mais Piotr était allé trop loin. Et le soleil tapait si fort. Il tomba soudain de la balançoire sur l'asphalte brûlant, inconscient. Maxime, avait un an de plus que Piotr. Mais à 8 et 9 ans, ça ne fait aucune différence. Il souleva Piotr, et le porta jusqu'à l'hôpital, qui se trouvait à deux quartiers de ça. Il l'avait porté de toutes ses forces, et Piotr s'en sorti sans aucune égratignure. Maxime ne devait peut-être pas s'en souvenir. Mais Piotr garderait toujours cette image à l’esprit.


Il referma ensuite les yeux. Lorsqu'il les ouvrit, Maxime était parti. Il regarda le banc en face, et aperçu le livre. Il se leva, l'air de rien, s'étira, et traversa le sentier afin de le récupérer. Paroles, de Jacques Prévert. *Encore gagné.*, pensa-t-il. Il l'ouvrir, faisant mine de parcourir quelques lignes, et lu le mot de Maxime. Il visualisa immédiatement le chemin à parcourir, mais ne referma pas immédiatement le livre. Il s'assit d'abord un instant, et pris une page au hasard. Il tomba sur le poème "familiale". Cela lui noua la gorge. Il le referma ensuite, cinq minutes plus tard, et emprunta le chemin opposé. Il sorti le bout de papier de sa poche, ainsi que son briquet, et une cigarette. Il la coinça entre se ses lèvres, et avant de l'allumer, il fit brûler le mot, et effrita les cendres entre ses doigts.

Il marcha quelques quinze minutes, et arriva devant l'étang. Maxime était là, de dos. Il soupira d’excitation, pressé de planifier cette nouvelle mission avec son ami. Il s’approcha lentement, et s’arrêta à son niveau. Maxime était assis, Piotr était debout, et ils fixaient tous deux un même point à l’horizon. Sans se lancer un seul regard, ils entamèrent la conversation.

« Alors mon vieux… T’as pas l’impression de moisir, à rester toujours enfermé chez toi ? » Plaisanta Piotr, les mains dans les poches.

Il se baissa pour ramasser un galet, et le lança avec vivacité sur l’étendue d’eau lisse comme un miroir. Le galet frôla la surface à trois reprises, avant de sombrer, en formant une aréole qui envahit bientôt tout l’étang.
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MessageSujet: Re: [libre]   Mer 18 Juin - 0:06

    Maxime avait traversé une grande partie du parc. Il suivait le chemin de terre, tracé au travers des arbres et de la végétation. Tout était si calme, qu’on aurait jamais cru que le mal rongeait ce pays. Le vent soufflait dans les branches, laissant échapper un léger bruissement, comme un murmure. Maxime se plaisait souvent à imaginer que les arbres pouvaient parler entre eux, et que si l’on écoutait bien on pouvait entendre leurs plaintes et les chansons mélancoliques qu’ils entonnaient. Sans vraiment faire attention où il marchait, ces pas l’emmenait où il voulait aller. Après dix bonnes minutes, il arriva enfin près de l’étang. La surface de l’eau était lisse et l’on pouvait y voir les reflets du bois situé de l’autre côté de la rive. Piotr n’arriverait pas tout de suite. Il avait dû attendre. C’était la consigne. Il ne fallait pas rester ensemble. Pour ne pas éveiller de soupçons. Il s’assit sur l’herbe humide, ses genoux pliés près du corps, il appuya ses coudes dessus et fixa l’étendue du bassin.

    Ces moments de calmes, instants de pure plénitude étaient propices à sa quiétude. À ces moment-là, il pouvait épancher son cœur, profiter de cette douce solitude. Solitude qui parfois le pesait. Il n’avait que très peu de véritables amis, personne à qui porter sa tendresse et prêter son attention, sa famille avait été disséminée. Pourtant l’espoir était toujours présent. Enfui sous la colère, la peine et l’incertitude. Au fond de lui, il savait que tous ses efforts ne seraient pas vains et que son acharnement finirait par payer. Chaque pas qu’ils parcouraient était un pas de plus dans leur progression et les rapprochaient un peu plus d’un monde meilleur. Il savait que la cause pour laquelle il se battait était juste et honorable. Malgré les sacrifices, malgré les privations, il était persuadé dans son for intérieur qu’un jour viendrait où il pourrait retrouver la sérénité des temps passés.

    Maxime perçut le son des pas de son ami sur les caillasses. Il ne se retourna pas, mais pourtant il était sûr que c’était lui. Il se contenta de fixer la grandeur de l’espace qui s’étendait devant lui. La voix de Piotr le sorti de ses chimères, rêveries quelque peu folles qui prenaient parfois le jeune homme. Un sourire se dessina sur ses lèvres fines. Le ton de son ami était ironique et sa remarque un peu sarcastique. C’était souvent le genre de phrases qu’ils se lançaient pour s’apostropher ou pour engager la conversation. Il en allait de même entre lui et Lara, mais parfois le jeu prenait une envergure plus importante. Maxime avait remarqué que dans les moments les plus sombres, les gens avaient toujours tendance à user d’ironie. Bien souvent de l’humour noir, mais de l’humour tout de même. Piotr s’était baisser pour ramasser un caillou. Un galet, en fait. Il le lança à fleur d’eau. Après plusieurs rebonds, la pierre fini par disparaître dans l’eau nébuleuse pour rejoindre les abysses de l’étang.

    Il ne répondit pas immédiatement à la question de son ami. Il se savait trop quoi dire. Il n’avait pas de réponse à la question de Piotr. S’il avait l’impression de moisir ? Maxime étouffait dans son appartement. Devant toujours faire attention quand il sortait, surveillant ses arrières. Une grosse pression reposait sur ses épaules et souvent celle-ci l’oppressait. Maxime observa les ondes se propager sur la surface et peu à peu disparaître. Sa vie aurait pu être tellement plus facile. C’était ses décisions qui l’avaient mené là où il était maintenant. Il avait fait des choix qui avaient changé sa vie. Parfois, il imaginait comment serait sa vie s’il n’était pas parti de chez lui pour rejoindre un groupe de résistants. Ses parents seraient toujours en vie, ses sœurs en sécurité et il aurait terminé ses études de droit. Il s’en voulait énormément. Tout était de sa faute. S’il continuait sa besogne, c’était pour être sûr que ses parents ne soient pas mort en vain. Il savait au fond de lui, que ses parents l’avaient toujours soutenu. Même s’ils s’étaient toujours inquiétés pour lui, ils avaient toujours été fiers.

    « C’est pour ça que je suis là … non ? »

    Maxime sortit un papier de sa poche. Dessus étaient griffonnés une adresse et un plan grossier. C’était l’indication de l’emplacement de la bibliothèque avec les issues possibles au cas où ils devraient battre en retrait. Il le tendit à Piotr qui le saisit. Le jeune homme passa sa main à l’intérieur de son manteau et s’empara de son paquet de cigarettes. Il était aplati et un peu déchiré. Il en extrait une cigarette qu'il porta à ses lèvres. Il tâtonna les poches latérales de son paletot à la recherche de son zippo. Il poussa la cloche et d’un geste habitué du pouce fit tourner la molette grattant le silex. Il approcha la flemme de son visage, aspira quelques bouffés pour allumer sa clope. Il regarda un instant la flemme qui dansait avant de claquer le capot de son briquet. Il se retourna vers Piotr à qui il n’avait pas encore adressé un regard.

    « On va devoir récupérer des bouquins. Il faut sauver le soldat Montesquieu … On va y aller tous les deux, Lara et Charlotte vont aussi venir avec nous. Il faut que tu trouves une camionnette ou quelque chose dans ce genre. Les filles entreront par un conduit par lequel elles nous passerons les livres. Tu m’aides à les charger. S’il y a un problème, tu prends le volant, moi j’aide les filles à sortir et on décampe fissa. »

    Maxime avait revu son plan plusieurs fois dans sa tête. A priori rien de très risqué. Mais le risque zéro n’existait pas, Max ne le savait que trop bien. Chacun devrait se répéter ses instructions, connaître ses gestes par cœur. Le plus important était qu’en cas de problèmes chacun garde son calme. Le jeune homme avait vu un de ses contacts du poste de police qui prendrait son tour de garde dans le quartier où ils opèreraient. Cela réduirait considérablement le risque. Il tira sur sa cigarette, la bouche en cul de poule souffla la fumée en faisant des ronds qu'il regarda se désagréger dans l’atmosphère. Il tapota sur le filtre afin de faire tomber les cendres agglutinées au bout de sa clope. Maxime passa sa main dans ses cheveux. Ce n’était pas vraiment le genre de missions auxquelles il pensait participer quand il était entré dans le réseau mais il savait que c’était utile. Ces livres représentaient leur patrimoine, les témoignages de leur liberté passée.

    « J’aimerais que tu t’y rendes afin de voir quelles sont les solutions de rabattement en cas de fuite. Il faut vraiment que tu connaisses le quartier comme ta poche… »
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